Forêt impénétrable de Bwindi et Parc National de Mgahinga

 

Ça n'est pas tous les jours que l'on réalise un rêve, la forêt impénétrable de Bwindi nous en a exaucé un qui était en dormance depuis bien longtemps. Cette forêt de 331 km2 composée de jungle de montagne et de plaine est classée en Parc National et au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle abrite 400 individus des 1000 derniers gorilles des montagnes recensés récemment au Rwanda, en République démocratique du Congo et en Ouganda ainsi que quelques 120 espèces de mammifères, 346 espèces d'oiseaux, 202 espèces de papillons, 163 espèces d'arbres, 100 espèces de fougères et de nombreuses espèces en danger.

 

L'espèce de gorille de montagne a failli s'éteindre et l'on peut remercier Dian Fossey et d'autres pour avoir cristallisés l'opinion publique mondiale sur la tragédie alors en cours. Aujourd'hui, grâce à un écotourisme qui rapporte des millions aux trois états africains concernés, un gorille vaut plus cher vivant que mort et le résultat est que leur population est enfin en légère augmentation.

 

Pour aller à leur rencontre et surtout être presque sûr de les voir, il est obligatoire de s'inscrire à l'avance à l'un des treks de groupe organisé pas le « Uganda Wildlife authority ». Les groupes de gorilles que les touristes vont rencontrer sont toujours les mêmes et sont donc relativement bien habitués à l'être humain , sinon ils ne se laisseraient pas approcher : pas fous ces primates ! Il ne faut pourtant pas se méprendre, ils restent sauvages et lorsqu'ils en ont marre de la présence de leurs cousins bipèdes, ils le font vite et clairement savoir. Durant notre rencontre avec eux, le dos argenté dominant nous a chargé et intimidé au bout d'une petite heure : le ranger nous a fait partir sur-le-champ !

 

Nous étions dans un groupe de huit personnes sans compter les porteurs et les rangers. Après trois bonnes heures de montée très fatigante, pour ne pas dire épuisante à travers la forêt, nous arrivons sur un petit plateau et le groupe de gorilles était là ! Nous avions tout deux les larmes aux yeux, prit d'une émotion indescriptible. Nous voyons le premier grimper dans un arbre immense puis petit à petit les autres se dévoilent : une mère et son petit, deux adolescents et trois dos argentés.

 

La région présente de nombreuses espèces endémiques liées à la vallée du Rift. Le fond des collines que forment la forêt est un immense et superbe marais ou s'épanouit une autre faune et flore non forestière. Nous y avons par exemple trouvé la très rare et endémique Bouscarle de Grauer.

 

Grâce à notre excellent guide, nous avons eu la chance d' observer une bonne partie des oiseaux endémiques  dont le fameux  « African green Broadbill » ou Eurylaine de Grauer, petit passereau forestier, tout vert et rondouillard ! Il nous a fallu deux journées de marche au sein de ces forêts magiques pour le trouver. Sans la persévérance d'Emmy, nous aurions probablement laissé tomber : morts de fatigue, mais heureux ! Cette forêt est l'un de nos coup de cœur ougandais et lorsque nous y retournerons, nous y resterons au moins deux semaines. Nous avons logé dans le campement de notre guide, le « Broadbill forest camp » très bien situé avec une vue imprenable sur la forêt primaire, entouré de singes, de Caméléons et de l'Engoulevent du Ruwenzori ! De plus, le rapport qualité prix est inégalable !

 

Le Parc National de Mgahinga est situé à environ 15 km au sud de Kisoro, dans le district du même nom, et couvre la partie ougandaise de la chaîne des montagnes des Virunga. D'une surface de 33.7 km2, il s'agit du plus récent et plus petit parc national ougandais et l'un des deux seuls, avec la forêt impénétrable de Bwindi, à abriter des gorilles des montagnes dans le pays. Contigu au Parc national des Virunga en République démocratique du Congo et au Parc national des Volcans au Rwanda, il forme avec eux une aire protégée de 434 km2 au total. Malheureusement, les corridors biologiques qui reliaient ces aires protégées ne sont plus qu'un lointain souvenir ; la pression humaine est devenue bien trop importante. Nous n'y avons malheureusement passé qu'une seule journée mais les nouveautés ornithologiques ont été nombreuses et les paysages à couper le souffle !