Ethiopie: 14.12.19-12.01.20

 

Nous rêvions depuis longtemps de ce pays, tout particulièrement des montagnes de Balé, avec ses Loups d’Abyssinie, ses Rats taupes géants, ses Lobélias géantes et autres espèces endémiques étonnantes. De plus, nous savions qu’outre ces montagnes très particulières, l’Éthiopie est l’un des pays à la faune et la flore très diversifiées du fait de la grande variété de climats (six zones climatiques distinctes) et de ses reliefs. 

 

Après quelques temps d’hésitation dus à la situation politique régulièrement tendue en Éthiopie, nous avons foncé. En recoupant plusieurs rapports de voyage, nous avons trouvé un excellent guide ornithologue éthiopien, Abiy Dagne, https://ethiopianbirding.com/ qui nous accompagnera durant tout le voyage avec l’un de ses collaborateurs chauffeur, Sisay, qui se forme en ornithologie ; deux personnes des plus sympathiques et qui ont tout fait pour rendre notre voyage le plus agréable possible. A noter que ce type de voyage privé, pas routard pour un sou, implique un gros budget qui en vaut la peine car il permet de maximiser les observations et minimiser le temps perdu à des négociations de nuitées et parfois de passages délicats à certains barrages communautaires. Par ailleurs, un guide local est fortement conseillé car très peu d’Éthiopiens parlent une autre langue que l’amharique et selon les régions visitées, l’accueil n’est pas toujours très chaleureux. Le coût très élevé des voyages en Afrique de l’Est est toujours démesuré par rapport au coût de la vie sur place…une surenchère touristique qui s’est probablement installée avec la mode des safaris.

 

L’Éthiopie compte autant de particularités au niveau historique qu’au niveau de sa faune et de sa flore. Considérée comme l'un des berceaux de l'humani, ce pays de la corne de l’Afrique est avec le Tchad, le Maroc et le Kenya, l'un des pays où l'on retrouve les plus anciens hominidés.

Elle est la seule nation d'Afrique à n'avoir pas été colonisée (sauf la brève occupation partielle du pays par les Italiens de 1935 à 1941). Elle a su conserver sa souveraineté lors du partage de l’Afrique au 19e siècle et de ce fait, ses couleurs symbolisent souvent l’Afrique et ont été adoptées par plusieurs autres États africains, dans des configurations différentes.

Sa constitution est laïque mais l’Éthiopie est un pays où de nombreuses croyances coexistent tant bien que mal…. Après l'Arménie, c'est la deuxième plus ancienne nation chrétienne au monde, le christianisme s'y étant implanté vers l'an 330. S'y trouvent aujourd'hui des orthodoxes orientaux, des catholiques et des protestants. Par ailleurs, un tiers de ses habitants est musulman et d’autres minorités religieuses y vivent aussi.

Culturellement, il semblerait que les Éthiopiens, toutes religions confondues, pratiquent très peu la chasse et on le sent en tant que naturalistes : la distance de fuite des oiseaux est très faible, ce qui permet des observations d'une qualité et d'une proximité assez uniques.

Nous avons vécu quelques situations négatives que nous n’avions jamais trouvées dans d’autres pays africains. Le pays connaît une croissance démographique exponentielle avec une population avoisinant les 110 millions d'habitants, ce qui en fait le deuxième pays d'Afrique le plus peuplé après le Nigeria. Il est alors difficile de se retrouver seul ne serait-ce que quelques minutes, même dans les réserves naturelles. Il va sans dire que notre origine, notre attirail photographique et nos richesses attirent tous les curieux, en particulier dans des endroits ruraux où les touristes sont rares. Il faut s’habituer à observer et photographier avec parfois une dizaine de personnes à vos trousses, ce qui peut vite devenir oppressant.

La majorité des zones sauvages, protégées ou pas, que nous avons visitées sont victimes de surpâturage et c’est très visible: la faune sauvage se confond avec les troupeaux domestiques. Il va sans dire que vaches, moutons et chèvres sont bien heureux et libres dans ces magnifiques espaces mais ils représentent une réelle nuisance pour l’environnement.

Selon la FAO, on estime que 92 000 hectares de forêts et de terres boisées (soit 128 000 terrains de foot !) et 2 milliards de tonnes de sols fertiles sont perdus chaque année en Éthiopie à cause d'une utilisation non durable des terres, des mauvaises pratiques de gestion des sols, de la pression démographique, du surpâturage, de la déforestation et des changements climatiques.

 

Au niveau de la sécurité, nous ne nous sommes jamais sentis menacés mais dans certaines régions rurales il est courant de voir des kalachnikovs sur les épaules des hommes. Il semblerait surtout que ces armes soient utilisées pour protéger les terres mais il faut s’y habituer…

 

Malgré ces quelques points négatifs, chaque endroit visité, chaque jour nous a apporté de magnifiques surprises, telle une famille de Caracal dans un bout de savane ne bénéficiant d'aucune protection.

En un mois, nous avons pu observer quelques 500 espèces d'Oiseaux et une cinquantaine de Mammifères mais le pays étant tellement grand (deux fois la France !) et les déplacements longs et compliqués que nous étions souvent frustrés du peu de temps passé sur chaque site.

 

Les régions visitées :

 

- La vallée du Rift et ses lacs

 

- Les montagnes de Balé et la foret d'Harrena, le clou du voyage !

 

- La région sud, plus sèche et chaude, comprenant Yabello et Negele moins surpeuplées et plus sauvages qu’ailleurs

 

- Vallée du Rift 2: Arba minch et les grands lacs (Chamo, Awassa, Ziway)

 

- Quelques vallées fluviales dans l'ouest du pays et région d'Ankober

 

- La région d'Awash au nord de la capitale Addis Abeba